9 avril 2025

Quel lien existe entre les douleurs corporelles, les émotions et le vécu personnel ? Une réflexion nuancée sur la complexité des douleurs chroniques.

Tu as mal au pied ? Qu’est-ce qui t’empêche d’avancer ? Tu as mal aux genoux ( le « je », le « nous ») qu’est ce qui ne va pas dans ta relation aux autres ? Cette approche symbolique de nos maux, est tellement simpliste qu’elle en devient ridicule pour certains. Comme si la complexité était gage de sérieux ou de validité. Or, on a qu’a observer la nature et sa simplicité pour voir que nul besoin de complexité pour être efficace : quelques gouttes de pluie, et une terre sèche reprend vie. Sans effort, sans technique. Juste un cycle naturel. Il n’y a rien de complexe. L’équilibre revient, simplement, en amenant un petit élément de rien du tout.

Quand j’étais en formation de kinésiologie, j’ai traversé une période où j’avais des douleurs atroces dans la nuque et le bras gauche et mon médecin n’avait décelé aucune cause mécanique. Alors chacune de mes collègues y allait de son interprétation symbolique :Tu en as trop sur les épaules ? Tu portes quoi comme fardeau ?Et honnêtement, malgré toute l’affection que j’avais pour elles, à ce moment-là, tout ça m’agaçait. J’avais mal, et je me disais : ce n’est pas ça qui va m’aider, ça fait si mal que c’est forcément autre chose, y’a forcement un truc mécanique !Alors j’ai fait des examens, et tout était normal. La douleur, pourtant, était bien là.
Et puis j’ai observé, et j’ai vu que lorsqu’on évoque la notion de cause émotionnelle, il peut y avoir cette fausse idée que ce n’est « pas réel », comme si la maladie était créée de toutes pièces par nous-mêmes, comme si on l’inventait. C’est une idée reçue qu’on retrouve souvent quand aucune cause médicale n’est identifiée, mais aussi quand une cause existe : on réagit comme d’habitude avec le « mais » plutôt que le « et ».Ce n’est pas parce qu’une maladie à une cause émotionnelle ou psychologique que la douleur n’existe pas pour de vrai ou qu’elle ne se transforme pas en véritables maux.Prenons un exemple tout simple : quand on est stressé, on peut avoir mal au ventre. Et ce n’est pas parce que c’est émotionnel que la douleur n’est pas réelle, et ce n’est pas parce que c’est émotionnel qu’on n’aura pas peut-être un vrai ulcère à soigner.Alors pourquoi cette vérité, qu’on peut facilement observer dans ce cas-là, ne serait-elle pas valable pour d’autres douleurs, comme à l’épaule ou au genou, par exemple ?
En kinésiologie, on part du principe que tout mal a une origine émotionnelle. Attention, ça ne veut pas dire que, quand la maladie est là, seule la kinésiologie va la soigner — surtout pas ! Mais on va essayer de comprendre pourquoi la maladie s’est installée là, à ce moment-là. Et peut-être qu’on pourra travailler à ce que ça ne revienne pas, une fois que la médecine traditionnelle aura fait son travail.
Moi, Je n’ai toujours pas la réponse à la question de la cause émotionnelle systématique de nos maux. Et, quand j’avais mal, je me suis même surprise à me dire : non mais là, ce n’est pas la kinésiologie qui va m’aider, c’est trop doux pour être efficace…Pourtant, cette douleur a fini par disparaître. Il y a eu le kinésithérapeute, qui m’a beaucoup aidée, mais j’ai aussi clairement senti qu’à chaque séance de kinésiologie, des tensions se relâchaient… petit à petit, au fur et à mesure que je prenais conscience de certaines choses.
Dans ma pratique aujourd’hui, je vois bien que je cherche, j’expérimente, je veux comprendre, je veux prouver…Pourquoi le fait de travailler sur certains événements ou certaines mémoires permet à certaines personnes de voir leurs douleurs disparaître du jour au lendemain ?Je ne sais pas.Pourquoi, quand une personne a mal au genou, on se rend compte que les problématiques liées au genou — se plier, avancer, flancher — résonnent très fortement avec ce qu’elle traverse dans sa vie en ce moment ?Pourquoi tel point d’acupression, relié à telle émotion, va soudain libérer une tension présente depuis des années ?Je ne sais pas non plus. Et je sais déjà que je passerai toute ma vie de kinésiologue à essayer de comprendre. J’aurai peut-être des réponses, mais d’autres resteront en suspens. Et je suis complètement ok avec ça.Je n’aurai jamais de certitudes. Les certitudes ne sont que des freins à l’ouverture d’esprit et à l’intelligence.
Alors, je laisse cette pratique me surprendre. Et j’espère juste qu’elle vous surprendra un jour aussi.
Voici quelques exemples de douleurs qui, parfois, prennent sens autrement :Les épaules : souvent en lien avec ce que l’on porte. Une charge, une responsabilité, quelque chose que l’on garde pour soi.Les genoux : se plier, se relever, avancer… Les douleurs peuvent apparaître quand on se sent bloqué, rigide, ou qu’on n’ose pas changer de direction..Le bas du dos : la sécurité, le soutien, les fondations. Quand on doute, qu’on vit une instabilité, le corps peut l’exprimer ici. La gorge : dire ou ne pas dire. S’exprimer, oser parler, poser ses limites. Retenir sa voix peut finir par peser physiquement.Les poignets : le mouvement, l’action, le contrôle. Ils deviennent douloureux quand tout semble nous échapper ou, au contraire, quand on tente de tout maîtriser.

En tout cas, en kinésiologie comme ailleurs, il n’y a jamais de vérités absolues. Ce ne sont pas des recettes. Ce sont des pistes. Des ouvertures. Et c’est ça qui me passionne. Je vais donc passer ma vie à observer la force du corps et de l’esprit, leur pouvoir d’auto guérison qui se fait en toute simplicité parfois, et je sais d’avance que tout cela va me passionner.