12 juillet 2026

Pourquoi est-il si difficile d’accepter certaines émotions ? | Kinésiologue à La Forest-Landerneau

Nous avons tous appris à nous penser comme une personne cohérente et relativement stable. Depuis notre enfance, nous avons construit une image de nous-mêmes à laquelle nous nous attachons : une identité qui nous rassure et, surtout, qui nous rend lisibles à nos propres yeux et à ceux des autres.

Mais je me dis que cette vision a trop souvent un coût élevé. Elle nous pousse à croire que certaines facettes de nous seraient plus légitimes et plus acceptables que d’autres. Il y a tout ce que nous assumons, et à côté de ça, il y a tout ce que nous reléguons. Il y a ce que nous montrons, et aussi ce que nous essayons de corriger, et surtout d’éliminer.

Nous cherchons bien trop souvent à être quelque chose, ou autre chose. Comme si nous devions sans arrêt choisir entre être fort ou vulnérable, entre être heureux ou en difficulté. Comme si les choses ne pouvaient pas cohabiter. Comme si la cohérence intérieure passait par l’exclusion d’une partie de nous.

Mais si on observe honnêtement la vie intérieure, ça ne fonctionne pas ainsi. Parce qu’elle est faite de superpositions, de plein de paradoxes et de mouvements qui agissent en simultané. On peut être joyeux et triste en même temps, dans la même journée ; aimant et agacé dans la même relation. On peut être en paix, d’une certaine manière et sur un certain plan, et profondément en question sur un autre.

Ce n’est pas de la contradiction pathologique. C’est une réalité humaine.

Le problème n’est pas d’avoir des états intérieurs opposés. Le vrai problème, c’est de croire qu’ils ne peuvent pas exister et cohabiter.

C’est ici que le regard proposé par Richard Schwartz, à travers le modèle de l’IFS, devient particulièrement précieux et nous invite à changer de point de vue. En ne nous percevant plus comme une entité monolithique, mais comme un système vivant composé de multiples parties intérieures.

Des parties qui ont chacune leur histoire, leur logique propre. Certaines sont protectrices, certaines sont contrôlantes, d’autres exigeantes, d’autres sont très sensibles, blessées, et d’autres encore silencieuses et apeurées. Nous avons des parties joyeuses, pleines d’élan et de créativité.

Et aucune de ces parties n’est le problème. Elles se sont toutes organisées, à un moment donné, pour nous aider à tenir et à survivre émotionnellement.

Et quand on nous voit nous-mêmes comme une seule identité possible, ces parties entrent en conflit. Elles se battent pour prendre leur place. L’une veut avancer, l’autre veut freiner. L’une veut comprendre, et l’autre ne pas réfléchir et se reposer. Et tout ça fait partie de cette lutte intérieure permanente.

Le modèle de Schwartz propose autre chose qu’un arbitrage ou qu’une hiérarchie. Il ne s’agit pas de décider quelle partie a raison. Il s’agit de créer un espace intérieur où chacune peut être entendue et apaisée dans sa fonction essentielle à notre bien-être.

Quand on comprend cela, quelque chose s’organise différemment à l’intérieur. Les parties n’ont plus besoin de crier pour exister. Elles ne prennent plus le pouvoir les unes contre les autres. Elles trouvent leur place dans un ensemble plus vaste.

Et ce qui émerge alors, ce n’est pas une nouvelle identité figée. C’est un sentiment d’unité plus souple et plus vivant. Une capacité à se reconnaître soi, dans toute notre complexité, sans se fragmenter.

Se voir en parties, paradoxalement, ne nous divise pas. Cela nous permet de devenir plus entier.

En séance de kinésiologie nous cherchons à mettre en conscience, certaines de nos parties et de les acceuillir en toute bienveillance.

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