4 juillet 2026

Pourquoi vous avez l’impression de ne pas avoir de passion (et si vous vous étiez simplement oublié·e ?) réflexion d’une Kinésiologue du Finistère.

Je suis quelqu’un de très passionné. Si un sujet me plaît, j’ai tendance à y aller complètement à fond. Je lis, j’explore, je teste, je parle beaucoup de ça à tout mon entourage, même trop parfois.

C’est un fonctionnement qui suscite souvent une forme d’admiration chez les personnes qui me connaissent peu. Elles voient quelqu’un qui est super enthousiaste, qui semble avoir beaucoup d’énergie et de centres d’intérêt.

Mais c’est toute une autre histoire avec les gens qui vivent avec moi, parce qu’ils ont généralement un regard un peu plus nuancé sur la question. Parce que toute qualité a aussi son revers.

Mon enthousiasme prend parfois beaucoup de place. Et quand je suis absorbée par quelque chose, je manque de présence avec les gens qui sont autour.

Il n’existe probablement pas de manière idéale d’être au monde, car, je pense souvent à ce que certaines personnes me disent : « Moi, j’ai pas de passion. J’ai l’impression qu’il n’y a rien qui m’anime vraiment. »

Au début, je me disais qu’on était simplement différents. Puis j’ai commencé à regarder quelque chose d’autre.

C’est que les personnes qui me disent ça ne sont généralement pas des personnes désengagées dans la vie. Bien souvent, elles sont appréciées de leur entourage. Elles savent même écouter. Elles sont ouvertes à différents points de vue, beaucoup plus que moi. Elles ont cette attention aux autres pour que les autres se sentent bien, sans arrêt.

Et plus je les écoute, plus j’ai l’impression que leur énergie est dirigée vers les autres. C’est même ce qui les anime complètement.

Mais ce que je voyais comme une forme d’altruisme ou de bienveillance, je le vois aussi maintenant comme si une question occupait une grande partie de leur espace intérieur : comment faire pour que tout se passe bien ?

Alors elles s’adaptent. Pas forcément parce qu’elles n’ont pas d’avis ou qu’elles manquent de personnalité, mais parce que, petit à petit, leurs choix semblent beaucoup moins guidés par leurs envies que par le risque de créer la moindre tension autour d’elles.

Comme si le risque de conflit était plus important que ce dont elles avaient vraiment envie. C’est comme si l’harmonie était devenue synonyme d’amour, et le désaccord, à leurs yeux risquait de fragiliser les liens.

Et à partir de là, je comprends mieux pourquoi certaines personnes finissent par me dire qu’elles ont l’impression d’être une coquille vide.

Et moi, je crois pas qu’elles sont vides. Je crois plutôt qu’elles ont passé tellement de temps à écouter ce qui préservait les relations qu’elles ont perdu un peu l’habitude d’écouter ce qui se passe en elles.

Et c’est vraiment un paradoxe qui me touche parce qu’au fond, ces personnes cherchent souvent davantage de profondeur. Elles aimeraient pouvoir être en capacité de se relier à quelque chose de plus profond en elles et d’être appréciées sans avoir à s’adapter en permanence. Elles voudraient montrer davantage qui elles sont vraiment.

Malheureusement, je pense que les liens les plus profonds sont aussi ceux qui peuvent provoquer des désaccords, car les relations profonde son les lieux où on peu accueillir notre singularité, mais aussi où la perfection n’existe pas, ou les failles s’expriment, même si ça ne plaît pas. Et c’est toute un chemin d’oser se montrer vraiment.

C’est ce genre de choses qu’on peut aller travailler en séance de kinésiologie.

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