Stress des examens et estime de soi : quand la réussite semble définir notre valeur | Kinésiologue à La Forest-Landerneau près de Brest

Ces derniers temps, je reçois pas mal d’adolescents pour lesquels la période des examens est particulièrement éprouvante.

En les écoutant, je me rends compte que leur peur semble vraiment dépasser l’épreuve elle-même. Je me demande souvent si ce qui les angoisse, c’est vraiment l’examen lui-même ou plutôt ce que le résultat risquerait de raconter sur eux-mêmes.

Pour eux, c’est comme si une mauvaise note pouvait les définir, comme s’ils pouvaient devenir la preuve qu’ils ne sont pas assez intelligents ou capables.

Quand je pense à moi, à mon propre parcours scolaire, je n’ai jamais eu la moindre peur des examens quand j’étais ado. Alors cette peur-là, je ne la connais pas vraiment de l’intérieur. 

C’est sûrement lié au fait que j’étais pas particulièrement une bonne élève. J’étais même très en difficulté à l’école.

Et avec le recul, je me demande si ce n’est pas justement pour cette raison que les examens me stressaient si peu. Parce que quand on a intégré l’idée qu’on ne va pas réussir, il n’y a vraiment plus grand-chose à perdre. On part avec peu d’attente et, du coup, peu de pression.

Une mauvaise note ne va pas venir remettre en question quelque chose qui est déjà acquis : l’idée qu’on est mauvais et qu’on va échouer.

J’aurais beaucoup aimé être accompagnée dans ces moments-là, sur l’estime que j’avais de moi et ce que l’école détruisait en moi à cette époque.

Plus tard, quand j’ai commencé à faire des études qui avaient beaucoup plus de sens pour moi, il y a quelque chose qui a bougé. Je me suis investie beaucoup, j’avais envie de réussir et, curieusement, cet investissement n’a pas seulement fait apparaître de l’enjeu, mais pour moi, il a fait juste naître de la confiance, parce que je travaillais beaucoup, parce que j’étais passionnée par ce que je faisais et parce que je savais que je pouvais m’appuyer sur tout cet engagement que j’avais.

Au fond, je réalise que j’ai connu deux situations très différentes : l’une où je m’attendais à échouer et l’autre où je me sentais très capable de réussir. Et dans les deux cas, les examens n’ont jamais occupé la place que je vois parfois prendre chez certains jeunes.

Par contre, en tant qu’enseignante, j’ai vraiment été longtemps de l’autre côté de la table. Je surveillais les examens et je voyais comment certains élèves étaient complètement paniqués, jusqu’à se rendre malades complètement.

À ce moment-là, j’avais vraiment envie de leur dire que leur vie, elle n’était pas en train de se jouer là, aujourd’hui, dans cette note, ni leur valeur, ni l’amour de leurs parents. 

Qu’un examen pouvait mesurer beaucoup de choses, mais pas la totalité de ce qu’ils étaient.

Aujourd’hui encore, je vois à quel point la réussite peut prendre beaucoup de place dans la manière dont certaines personnes se regardent. Et ce n’est pas seulement vrai pour les ados, parce qu’on retrouve ce même mécanisme chez les adultes qui évaluent leur valeur à travers leur réussite et leur capacité à atteindre leurs objectifs.

C’est comme si nous avions appris quelque part à nous regarder uniquement à travers nos résultats plutôt qu’à travers nos valeurs humaines.

Ce qui est dangereux, c’est que quand on a cette croyance-là, lorsque les résultats vacillent, c’est toute l’image de nous-mêmes qui semble menacée.

Alors la difficulté, elle n’est pas tant dans l’échec, mais surtout dans le fait de croire qu’un échec dit quelque chose de définitif sur nous-mêmes.

En séance, j’observe vraiment qu’à mesure que cette confusion s’apaise, c’est toute la personne qui s’apaise.

Évidemment qu’il faut continuer à avoir des objectifs, à s’investir et à avoir des désirs de réussite, parce que ça crée une motivation. Mais on n’est pas obligé d’avoir l’impression que c’est toute notre valeur qui se joue à chaque résultat.


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