Cap sur la 6e : un accompagnement né aussi de mon expérience dans le système scolaire
Quand je parle de l’entrée en 6e et de ce qu’elle peut représenter pour certains enfants, c’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur.
Parce qu’avant de devenir kinésiologue, j’ai passé 20 ans dans le système scolaire. J’ai été CPE, puis enseignante, et j’ai accompagné énormément d’élèves pendant toutes ces années.
Et il y a quelque chose qui m’avait vraiment marquée avec les élèves de 6e : pour certains, l’arrivée au collège provoquait une espèce de sidération.
Je me souviens de situations assez rigolotes, finalement, mais qui en disaient long.
On pouvait par exemple demander à un élève de prendre une feuille et de la coller dans son cahier… et il la collait à l’envers.
Alors évidemment, cet enfant savait coller une feuille !
Mais c’est justement ce genre de petites situations qui me faisait prendre conscience de ce qui était en train de se passer : leur cerveau avait tellement d’informations à gérer qu’il était parfois complètement en surchauffe.
Et quand le cerveau est déjà occupé à gérer tout ce qui est nouveau, tout ce qui inquiète, tout ce qu’il faut retenir et comprendre, il n’y a parfois même plus moyen d’accéder à une consigne très, très simple.
L’entrée en 6e, c’est énormément d’informations d’un seul coup
Quand on y pense, les premiers jours au collège demandent énormément de choses à un enfant.
Il faut comprendre l’emploi du temps, trouver les salles, changer de professeur, retenir le fonctionnement de chacun, penser au matériel, aux devoirs, aux horaires… Il faut aussi trouver sa place avec les autres.
Et puis il faut comprendre tous ces nouveaux adultes.
Parce qu’en primaire, l’enfant avait généralement un adulte référent avec lequel il passait une grande partie de sa journée.
Et là, tout à coup, il se retrouve avec plusieurs adultes qui ont tous des comportements différents, des façons de parler différentes, des exigences différentes et qui peuvent être aussi plus ou moins bienveillants.
Pour certains élèves, tout cela va très bien se passer.
Mais pour d’autres, il peut vraiment y avoir cette peur au ventre : ne pas savoir où aller, ne pas comprendre ce qu’on attend d’eux, oublier quelque chose, se faire reprendre, ne pas trouver leur place…
Et parfois, le stress finit par se manifester dans le corps.
Les maux de ventre, notamment, je les ai beaucoup vus. Des enfants qui avaient mal au ventre avant d’aller en cours, qui étaient très anxieux, sans forcément réussir eux-mêmes à expliquer ce qui leur arrivait.
À l’époque déjà, j’accompagnais beaucoup les élèves autour de l’anxiété. J’avais créé des espaces pour ceux qui stressaient beaucoup et mis en place des ateliers autour de la gestion du stress et des émotions.
Mais je me rendais compte aussi des limites de l’accompagnement collectif.
J’ai travaillé dans le réseau Diwan et j’ai également été responsable d’internat pendant plusieurs années.
Pour certains élèves de 6e que j’accompagnais, l’entrée au collège signifiait aussi quitter leurs parents et venir à l’internat, parfois deux fois par semaine.
Et j’ai vraiment vu à quel point cela pouvait être difficile pour certains.
Il y avait le collège, les nouveaux adultes, les nouvelles règles, l’organisation… et en plus la séparation avec les parents et cette impression, parfois, d’être un peu perdu au milieu du collectif.
Apprendre à vivre avec les autres, devenir plus autonome et trouver sa place dans un groupe fait évidemment partie du fait de grandir.
Mais pour certains enfants, cela peut aussi être une vraie source d’angoisse.
Et ça, je l’ai beaucoup observé pendant toutes ces années.
C’est aussi ce qui m’a amenée vers la kinésiologie
Quand j’ai commencé à réfléchir à ma reconversion, il y avait vraiment chez moi cette envie de revenir à l’individuel.
Malgré les ateliers que j’avais mis en place autour du stress et des émotions, je voyais bien qu’il était difficile d’aller vraiment au fond des choses dans un accompagnement collectif.
J’avais envie de pouvoir prendre le temps avec un enfant. Comprendre ce que lui était en train de vivre, ce qui lui faisait peur, ce qui le mettait en difficulté et ce qui pouvait aussi s’exprimer dans son corps.
Ma reconversion en kinésiologie a donc été motivée, entre autres, par cette envie de pouvoir proposer davantage d’accompagnement individuel.
Et c’est aussi de là qu’est né Cap sur la 6e.
Cap sur la 6e, c’est un peu la rencontre entre tout ça
Il y a mes 20 années dans le système scolaire, mon expérience de CPE, puis d’enseignante, mes années auprès des internes, tout ce que j’ai pu observer autour du stress et de l’anxiété chez les élèves…
Et maintenant, il y a mon métier de kinésiologue.
Je l’ai imaginé pour les enfants pour lesquels cette entrée au collège prend beaucoup de place : ceux qui commencent à avoir peur, qui se sentent perdus, qui ont du mal à s’organiser, qui commencent à avoir mal au ventre, qui perdent confiance en eux…
Ou simplement ceux pour lesquels les parents sentent que cette transition est difficile.
Concrètement, comment se passe l’accompagnement ?
Je propose deux séances de kinésiologie, espacées d’environ un mois, pour travailler sur le stress et l’adaptation à ce changement.
C’est un temps où l’enfant peut relâcher les tensions et où nous pouvons travailler sur ce qui est difficile pour lui dans cette période.
Et, si les parents et l’enfant en ressentent le besoin, je propose également un suivi individuel chaque semaine, en visio ou en présentiel, sous forme de temps courts d’environ 30 minutes.
L’idée est que l’enfant puisse avoir quelqu’un de neutre avec qui échanger sur ce qu’il rencontre réellement au collège.
Cela peut être des difficultés d’organisation : gérer les devoirs, le cartable, l’emploi du temps, penser à tout ce qu’il faut apporter…
Cela peut être une difficulté avec les autres, avec un adulte, une peur, une angoisse ou un manque de confiance.
À partir de ce que l’enfant apporte, on cherche ensemble comment faire. Comment mieux s’organiser, comprendre une situation, trouver des solutions et prendre petit à petit confiance dans cette nouvelle aventure.
Je sais, pour les avoir vus et accompagnés pendant des années, que certains enfants vont traverser cette étape très facilement.
Et je sais aussi qu’il y en a d’autres pour lesquels cela peut être beaucoup plus difficile.
Ce sont ces enfants-là que j’ai envie d’accompagner aujourd’hui, pour qu’ils ne restent pas seuls avec cette impression d’être complètement perdus au milieu de tout ce changement et qu’ils puissent, petit à petit, retrouver leurs repères, s’adapter et prendre confiance en eux.


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