Quand on ne peut pas sauver ceux qu’on aime

Il m’arrive souvent, ces derniers temps, d’accueillir en cabinet des personnes rongées par la culpabilité.
Elles viennent parler de cette douleur sourde qu’on ressent quand on voit quelqu’un qu’on aime tomber, sans pouvoir le relever.
Elles disent : « Je devrais pouvoir faire quelque chose. »
Et je les comprends.


Parce que moi aussi, je me surprends à penser ça. Je le ressens surtout quand c’est mon enfant qui traverse une difficulté, quand je sens son désarroi et que tout en moi voudrait réparer et apaiser. 

J’ai grandi avec cette idée que l’amour, c’était aider.
Qu’aimer, c’était prévenir les chutes et montrer le bon chemin.
Alors j’ai appris à tendre la main très vite, à chercher des solutions avant même que la douleur n’ait eu le temps de se poser.
C’était ma façon d’aimer : être utile, être solide et être là.
Mais à force de vouloir sauver, j’ai souvent oublié de laisser l’autre vivre.
Et parfois, c’est moi qui me suis écroulée sous le poids de cette impuissance déguisée en responsabilité.

Il y a eu un moment, je ne sais plus exactement lequel, et très récemment où quelque chose a basculé.
Peut-être un de ces soir où, malgré mes efforts, rien ne marchait.
Peut-être en voyant que mon enfant avait besoin de se confronter seul à sa difficulté pour trouver sa propre force.
Ce soir-là, j’ai senti à quel point mon envie d’aider était parfois une façon de fuir ma propre peur : celle de le voir souffrir et celle de me sentir inutile.
J’ai compris que vouloir protéger à tout prix, c’était parfois une manière subtile de contrôler, par amour bien sûr, mais contrôler quand même.
Et qu’aider, ce n’est pas toujours agir.

La vérité, c’est que certaines douleurs doivent être traversées pour devenir des points d’appui.
Que certaines erreurs sont les seules portes d’entrée vers la croissance.
Et que notre rôle, comme parent, ami, ou simple présence aimante, n’est pas d’éviter la chute, mais de rester là, en bord de route, avec un regard qui dit : je crois en toi, même là.

Offrir des outils, oui, une écoute, ou une parole juste, créer un espace où l’autre peut se retrouver, oui.
Mais ensuite, il faut lâcher.
Car chacun a sa propre temporalité pour sortir de son tunnel.
Et ce temps, aussi douloureux qu’il paraisse, est nécessaire.

Je crois que le plus grand outil qu’on puisse donner à un enfant à son cojoint ou à quiconque d’ailleurs, c’est l’amour et l’attention.
Pas l’amour qui s’agite, qui cherche a réparer ou conseiller.
Mais l’amour qui regarde, qui accueille, et qui attend.
Cet amour-là enseigne sans mots, il s’imprime dans le corps, il apprend à se tourner vers soi avec la même tendresse.
Et c’est de cette écoute-là, très lente et presque silencieuse, que naît la vraie guérison.

Alors, quand je sens encore monter en moi cette culpabilité de ne pas pouvoir aider assez, j’essaie de me rappeler que ce n’est pas un manque d’amour, c’est juste la vie qui fait son travail de guérison
Parfois, aider, c’est accepter de ne pas intervenir.
Et aimer, c’est rester présent, et ça même quand tout en nous voudrait faire autrement.

Aller explorer tout cela en soi peut être une bonne idée pour surmonter ce genre de sentiments.  
À proximité de Brest et de Landerneau, je propose des séances de kinésiologie destinées aux personnes qui traversent une période difficile ou qui souhaitent mieux comprendre ce qu’elles vivent.


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