Quand les adolescents perdent le sens : ce que j’aurais aimé entendre

Je me souviens de mes quinze ans, assise en cours, le regard vide, me demandant à quoi servait tout ce que j’apprenais. Les mathématiques, l’histoire, la grammaire… tout semblait important sur le papier, mais je sentais, au fond de moi, que ce n’était pas cela qui allait nourrir ma vie. J’avais cette intuition, presque viscérale, que le sens ne se trouvait pas dans ce qu’on nous obligeait à mémoriser, mais quelque part, ailleurs.

À l’époque, ma réaction a été de refuser et de nourrir une colère diffuse contre le système et contre les adultes. À l’époque, ma réaction a été de refuser et de nourrir une colère diffuse contre le système et contre les adultes. J’ai eut de la chance, car certains ados ne font que retourner cette colère contre eux-même, et laissent leur belle lumière s’éteindre avec elle.

Plus tard, cette colère pour moi, s’est tournée contre le monde entier, qui semblait ne jamais me parler vrai. Je me disais : « Je ne veux plus être là-dedans, je ne veux pas me plier à ça. » Et je me suis convaincue que résister, c’était préserver mon intégrité, rester fidèle à moi-même. Mais ce que je n’avais pas compris, c’est que cette colère et cette posture de rejet m’enfermaient autant qu’elles me protégeaient.

Elles m’ont éloignée de certains outils, et ma fermeture aux autres, mon intolérance, ont fini par me priver de tout un tas de rencontres enrichissantes, sous prétexte d’intégrité. Or, c’est justement l’ouverture aux rencontres qui m’a permis, plus tard, de construire ce sens que je cherchais avec tant d’acharnement.

À l’école, on nous parle de socialisation, d’apprentissage du vivre-ensemble. Mais dans les faits, on nous jette dans des classes surchargées, dans des groupes bruyants, sans nous apprendre comment gérer nos émotions, comment communiquer vraiment, comment comprendre l’autre et se comprendre soi-même. C’est comme si on nous plongeait dans un grand bain relationnel sans nous apprendre à nager, en nous disant que c’est en se débattant qu’on finira par apprendre à flotter.

On croit que le simple fait de se retrouver avec les autres suffira à nous apprendre qui nous sommes, à nous rendre capables d’interagir, à comprendre nos désirs et nos limites. Mais pour beaucoup, cela ne suffit pas : on se noie. On apprend parfois à lutter pour ne pas couler, mais rarement à respirer et à se connaître. Et on finit par se croire inadapté et pas à sa place. C’est à ce moment là, qu’on va chercher parfois des substances pour anesthésier un peu ce mal être que l’on ressent au contact des autres.

Moi, il m’a fallu beaucoup de temps pour voir que cette rébellion ne suffisait pas. Que refuser de jouer le jeu de l’école ou de la société ne suffisait pas à créer une vie pleine de sens. Que la colère, même juste, ne nourrit pas : elle vide.

J’aurais voulu qu’on me dise qu’il existe un autre chemin : celui d’accueillir ce feu intérieur tout en apprenant à se donner les moyens de l’exprimer plus tard, quand le moment sera venu.

J’aurais voulu qu’on me donne des outils pour apprendre à me connaître et à mieux être en relation et que cela passait inévitablement par des moments de retour à soi et de silence.

J’aurais voulu comprendre que, parfois, le temps du système est aussi un outil, un tremplin — même s’il n’est pas à notre goût, même s’il paraît absurde.

Aujourd’hui, je reçois des adolescents qui me parlent de la même frustration et je vois mon fils tomber dans la même confusion. Et je reconnais dans leurs yeux ce que j’ai moi-même traversé. Il n’y a pas de solution simple, juste une invitation à observer ce qui se joue en soi : reconnaître sa colère et sa fatigue, mais aussi rester ouvert à ce qui peut s’apprendre, même là où on ne l’attend pas. Entendre que le sens ne se reçoit pas : il se construit, parfois dans des lieux qui nous paraissent étrangers ou contraignants.

Je crois que ce que j’aurais aimé qu’on me dise, c’est qu’il n’est pas question de tout accepter, mais de ne pas laisser sa colère décider de la totalité de sa vie. Que le sens n’est pas ailleurs : il est là, dans ce que nous faisons de notre révolte, dans la manière dont nous transformons nos blessures et nos frustrations en tremplin pour avancer vers ce qui nous fait vibrer.

Je vous accueille à mon cabinet de kinésiologie à la Forest landerneau à 20mn de Brest et à 5mn de Landerneau, j’accompagne les adolescents en phobies scolaire ou en anxiété face à l’école.


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