L’impossible injonction du lâcher-prise

On entend souvent : « Il faudrait que tu lâches prise. » Et c’est souvent au pire moment, comme si c’était un bouton sur lequel on pourrait appuyer pour arrêter d’être tendu ou inquiet.
C’est comme si on avait le pouvoir de relâcher sur commande, juste parce qu’on le décide. Mais ça ne fonctionne pas comme ça.

Cette injonction nous fait penser que le lâcher-prise est un abandon. Comme si se serait se détourner et conclure que ça ne vaut plus la peine. Le lâcher-prise, lui, libère mais n’abandonne rien.

Abandonner, c’est « je ne veux plus ». Lâcher-prise, c’est « je n’ai plus besoin de me battre contre ce qui n’a pas besoin de l’être ». On confond souvent les deux, alors qu’ils ne naissent pas du tout du même endroit. L’un fatigue par une forme de volonté, l’autre apaise.

Si le lâcher-prise nous semble parfois si inaccessible, ce n’est pas parce qu’on manque de volonté, et c’est d’ailleurs cette même volonté qui nous met en tension. Mais c’est simplement parce que quelque chose en nous est encore en lutte. Une lutte qui ne se voit pas forcément.
Cette lutte, c’est quand on essaie de comprendre trop vite ou quand on veut contrôler des situations qui nous échappent, c’est si on veut maintenir debout quelque chose qui ne répond plus. Ce sont aussi ces tensions qui s’installent, jusqu’à devenir normales.
Tant que cette lutte existe, aucun lâcher-prise volontaire n’est possible. On ne peut pas lâcher quand des parties de nous se défendent encore.
Alors, je vois tant de personnes se dévaloriser, car elles se croient incapables de « se détendre », alors qu’en réalité, elles ont juste des difficultés à relâcher quelque chose qui les protège encore.

Le lâcher-prise n’arrive jamais par effort, il ne se force pas. C’est un mouvement intérieur qui apparaît quand la lutte n’a plus sa raison d’être.
Il arrive quand une mémoire du passé arrête d’appuyer sur le présent et quand on retrouve un peu de sécurité dans son propre corps. On ne décide pas de lâcher-prise, on s’aperçoit un jour qu’on ne force plus. C’est subtil et pourtant profondément transformateur.

Le lâcher-prise, on le travaille rarement directement en séance. Ce qu’on explore, c’est ce qui empêche de lâcher : les réflexes de protection, les exigences. Le travail n’est pas de « lâcher », le travail est de comprendre ce qui résiste, ce qui a besoin d’être entendu et apaisé.
Quand ces zones se détendent, même légèrement, alors le lâcher-prise émerge tout seul. Sans pression de « mieux gérer ».

Cesser de lutter est souvent le geste le plus courageux. Le vrai risque, ce n’est pas d’abandonner : c’est de s’acharner trop longtemps.
On cherche parfois trop fortement à garder debout une ancienne version de soi. On cherche à comprendre trop vite ce qui demande simplement du temps. Et on veut rester fort alors que le corps réclame une pause.

En kinésiologie, je vous accueille là où vous en êtes, avec vos résistances. On travaille avec le corps, parce que c’est lui qui sait ce qui se contracte. Et c’est lui aussi qui sait se dénouer quand on lui en donne la possibilité.

Je vous accueille à mon cabinet de kinésiologie à la Forest landerneau à 20mn de Brest et à 5mn de Landerneau.


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