J’aime comparer l’accompagnement au vent qui soutient un oiseau en vol. Ce vent lui offre une portance, un appui, une opportunité de prendre de la hauteur et de se laisser porter un instant. Mais si l’oiseau ne bat pas ses propres ailes, li ne volera pas.
Quand on entreprend un travail sur soi, on peut être tenté de tout explorer seul, par souci d’indépendance, ou au contraire, on peut vouloir s’en remettre entièrement à un accompagnant, pensant qu’il détient les clés de notre transformation. Mais aucun de ces extrêmes n’est bénéfique. Tout cheminement personnel réside dans notre capacité à avancer en pleine conscience tout en acceptant, à certains moments, un soutien extérieur. Ce soutien ponctuel éclaire notre chemin sans nous déposséder de notre libre choix.
Se faire accompagner peut être un levier pour dénouer des blocages profonds et accéder à des prises de conscience qui ont du mal à se révéler à nous-mêmes. La plupart du temps, ces prises de conscience se dérobent à notre esprit pour nous protéger de notre propre dureté envers nous-mêmes. C’est là qu’un regard extérieur, bienveillant et non jugeant, prend tout son sens : il permet cette mise en lumière.
Je parle ici d’expérience. J’ai longtemps cheminé seule, portée par un mélange de méfiance envers l’autre et d’orgueil, m’auto-persuadant que je pouvais avancer sans aide. Il y avait ce besoin de me prouver que j’étais forte, cette volonté de me débrouiller seule à tout prix. J’ai compris que cette quête de force était en elle-même un sujet à explorer.
À l’autre extrême, certains pensent qu’ils ont forcément besoin de quelqu’un d’autre pour avancer. Or, un accompagnement de qualité, quel qu’il soit, ne doit pas créer de dépendance, mais au contraire renforcer notre autonomie et notre pouvoir personnel. C’est un appui qui nous aide à nous reconnecter à nos propres ressources.
Il est alors essentiel de choisir un accompagnement respectueux de notre rythme, de nos besoins et de notre capacité à faire nos propres choix. Un bon accompagnant ne nous impose pas de solutions toutes faites, ne nous enferme pas dans une posture d’assisté, ne prétend pas détenir une vérité sur nous, ne fait pas des demarches à notre place, et n’affirme pas que des événements se sont produits sans que nous en ayons conscience. Il n’en sait jamais plus sur nous que nous-mêmes. C’est d’ailleurs ce genre de comportements qui me rendaient méfiante à tout accompagnement.
Dans ma posture de kinésiologue, c’est précisément cette autonomie que je cherche à favoriser. Le corps sait, il a une mémoire, une intelligence propre. Mon rôle n’est pas de vous dire ce que vous devez faire ou comprendre, mais plutôt de vous aider à apprendre à écouter ce que votre corps exprime, à lever les blocages qui entravent votre écoute intérieure.
Un accompagnement bien ajusté ne prend pas le contrôle de notre parcours, il nous aide à avancer avec plus de clarté. Mais c’est toujours notre propre engagement qui sera le moteur de notre mieux être.


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