On a tous besoin de se sentir entendus et reconnus. C’est un besoin humain fondamental. Mais parfois, ce besoin prend toute la place. Ce n’est pas qu’on veut briller ou se faire applaudir, c’est juste une manière de sentir qu’on existe dans le regard de quelqu’un. Le souci, c’est que parfois, ce besoin déborde. On court après un « merci », un sourire, un « tu as bien fait », et sans ça, on se sent vide, comme inconsistant, inexistant. Alors on s’adapte, on se fatigue à vouloir être parfait, pour enfin recevoir cette reconnaissance de la part des autres. En fait, quand on cherche compulsivement quelque chose dans le regard de l’autre, c’est toujours ce qu’on n’arrive pas à se donner à soi-même.
Et il faut dire que ce besoin a des racines profondes. Lorsqu’on est enfant, on recherche naturellement l’approbation dans le regard de nos parents. C’est ce regard qui nous guide, très jeunes, pour savoir si ce qu’on fait est juste ou bon. Un petit enfant, par exemple, qui se cogne ou entend un bruit fort, va immédiatement tourner les yeux vers son parent. Il regarde pour savoir : est-ce que c’est grave ? Est-ce que je dois avoir peur ? Et si le parent sourit ou garde son calme, l’enfant se sent en sécurité. Le regard de l’autre devient une boussole émotionnelle. Et ce mécanisme, profondément ancré, reste en nous. On continue, une fois adultes, à chercher cette sécurité dans les yeux des autres, même si la notion de danger a disparu. C’est devenu une habitude, une manière automatique de se rassurer, de valider ce qu’on est.
En plus de cette habitude, il y a parfois des choses plus anciennes, plus profondes. Des blessures qu’on n’a pas su dire. La peur de ne pas compter, le sentiment de ne pas avoir sa place. C’est cette peur d’être oublié, laissé de côté. Abandonné, on devient dépendant du regard des autres. C’est ce que Lise Bourbeau a mis en lumière quand elle parlait du masque du dépendant… Avec cette blessure au fond, on croit que si on est reconnu, on sera gardé ; que si on est admiré, les autres resteront à nos côtés. On confond amour et admiration.
Ce mécanisme devient une sorte de piège. On devient accro au retour de l’autre. À ses réponses, à ses validations. Et quand il n’y en a pas ? Quand on reçoit juste… rien ? Un message sans réponse, un effort passé sous silence, une absence de regard ? C’est le vide qui remonte. Le trou. Et aucun compliment, aucune reconnaissance, ne suffit vraiment à le remplir.
Et c’est là que la kinésiologie peut ouvrir une porte. Parce qu’on ne discute pas avec des idées, on discute avec le corps. Il sait. Il garde en mémoire les peurs, les schémas, les histoires non digérées qui sont à l’origine de ce fonctionnement. Avec le test musculaire, on va voir ce qu’il raconte. Est-ce qu’on rejoue une peur de l’enfance ? Une mémoire familiale ? Est-ce qu’il y a quelque chose, quelque part, qu’on porte sans le savoir ?
C’est du vécu, du ressenti. Le corps parle, et parfois, il relâche…
Le but n’est pas de faire taire ce besoin de reconnaissance. Il est humain. Il fait partie de nous. Mais on peut le remettre à sa place. Lui enlever un peu de pouvoir. Revenir à soi. Se sentir digne, même sans validation extérieure. Se rappeler qu’on a de la valeur, même quand personne ne le dit. Et apprendre à se reconnaître soi-même pour qui on est vraiment, dans notre beauté d’être humain si imparfait qui a le droit d’être aimé a tout moment, même quand il n’est pas admirable.


Laisser un commentaire