J’ai mis un bon moment avant de réaliser ce que ma consommation d’alcool représentait réellement pour moi. Pendant des années, je ne concevais pas une soirée sans un verre à la main. C’était comme ça. L’alcool n’était pas chez moi vraiment une déviance, c’était un code. Un passage obligé pour appartenir et pour rire plus et plus fort. Dans mon cercle d’amis, c’était la norme. Personne ne se posait vraiment de questions. On se retrouvait, on trinquait et on exagérait.
Je croyais que j’aimais faire la fête. Que j’étais de nature sociable. C’était même devenu une partie de mon identité : celle qui parle beaucoup et à tout le monde, qui met l’ambiance. Et pourtant, il y a une dizaine d’années maintenant, quelque chose a bougé. J’ai rencontré la méditation. Le but de la méditation que je pratique est de clarifier l’esprit et j’ai alors ressenti comme une lassitude à l’idée de l’embrumer. Je commençais à entendre une voix intérieure qui, jusque-là, n’avait pas vraiment été écoutée.
Un soir du Nouvel An, l’excès de trop, j’ai décidé que c’était terminé. Plus une goutte. Pas de compromis, pas de petits écarts. J’ai pris une décision radicale, sans trop savoir ce que j’allais y découvrir. J’ai juste senti que c’était devenu nécessaire.
Ce que j’ai rencontré ensuite, je ne l’avais pas anticipé. Le silence des soirées sans euphorie. La gêne des premiers échanges sobres en soirée. Le regard des autres, souvent perplexe ou même agacé parfois. Mais surtout : moi. Sans béquille. Sans filtre. Moi, dans ce que j’ai de plus brut.
Et j’ai dû réapprendre. Constater que je n’aimais pas tant sortir, en réalité. Que l’envie de m’enivrer cachait autre chose. Que sans l’alcool, ma nature était bien plus discrète, plus casanière. Que ma soi-disant sociabilité relevait souvent de la mise en scène. Un masque rassurant qui camouflait une forme de tristesse.
Là, quelque chose de profond s’est enclenché. Non pas un rejet de l’ancienne version de moi, mais un début de réconciliation. J’ai commencé à me demander : qui suis-je, quand je ne consomme pas ? Qu’est-ce qui me fait du bien, vraiment ? Avec qui j’aime être ? À quoi je dis oui ? À quoi je dis non ?
Il ne s’agit pas ici de raconter ma vie, ou pire, de faire la morale. J’ai juste envie de soulever l’idée que l’addiction ne parle pas seulement de produit ou de fréquence. Elle parle de nous, elle devient une partie de notre identité. N’est-ce pas intéressant de regarder cela autrement ? D’essayer d’entendre ce que notre manière de consommer, que ce soit de l’alcool, du sucre, des écrans, essaie de dire, en creux ?
Aujourd’hui encore, il m’arrive d’avoir la nostalgie d’un verre levé entre amis, de ce petit vertige joyeux qui me fait croire que je suis quelqu’un de cool et de drôle. Mais aujourd’hui, je sais ce que cela venait recouvrir. Et je sais aussi ce que j’ai gagné en lucidité, en liberté et surtout : je ressens parfois un sentiment que je ne connaissais pas, une joie simple, discrète, qui ne fait pas de bruit mais qui vaut toutes les soirées alcoolisées. La vie n’est pas toujours confortable. Mais c’est vivant et vrai, souffrant aussi parfois, surtout quand on retire l’anesthésie.
Dans cette démarche d’introspection, la kinésiologue m’a offert des espaces d’exploration intérieure, là où les mots manquaient parfois. Elle ne m’a pas donné de solution toute faite, mais elle m’a permis d’écouter le corps, là où le mental tournait en boucle.
Ce texte ne cherche pas à provoquer des prises de conscience spectaculaires. C’est juste un fragment de chemin. Avec ses doutes et ses craintes. Et c’est surtout une invitation à se questionner.
Peut-être que vous ressentez, vous aussi, cette petite secousse intérieure que j’ai eue il y a dix ans… une fatigue de tourner en boucle les mêmes soirées, comme si chaque nuit reprenait le refrain de Stromae : « Alors on danse ».
Je serais heureuse de vous accompagner dans ce questionnement.
Je vous accueille à mon cabinet de la Forest landerneau à 20mn de Brest et à 5mn de Landerneau.


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