De la salle de classe au cabinet de kinésio : un regard sur l’anxiété scolaire

Il y a des visages qui restent avec leurs regards baissés et leurs corps qui se recroquevillent sur une chaise. Dans la salle de classe, l’anxiété ne se disait pas toujours avec des mots. Elle était juste dans une absence de sourire où dans un silence obstiné qui n’était pas du désintérêt mais une lutte intérieure.

Comme professeure, je me suis souvent sentie impuissante. On nous demandait d’enseigner, mais on oubliait parfois de dire ce que cela signifiait humainement : voir un élève s’éteindre peu à peu, malgré toutes les stratégies pédagogiques et malgré les encouragements. Le métier nous met face à cette douloureuse frontière entre le rôle professionnel et l’attachement affectif. On voudrait parfois tendre les bras et rassurer, mais il y a des limites qu’on ne peut pas franchir. Et c’est là que naît une forme de détresse chez beaucoup d’enseignants : celle d’être spectateur d’une souffrance qu’on ne sait pas apaiser.

J’ai aussi vu la détresse des parents. Certains arrivaient les yeux cernés et le cœur dechiré entre deux attitudes : forcer leur enfant à aller à l’école en se disant que ce n’est peut-être qu’un caprice passager, ou au contraire l’écouter et le garder à la maison au risque d’installer un refus durable. Rien n’est plus éprouvant que de douter de son instinct parental. On veut protéger, mais on craint de fragiliser encore plus. Dans ces moments, les parents portent un fardeau, celui de choisir entre deux options qui semblent toutes deux imparfaites.

Ce qui m’a frappée, c’est que ces élèves étaient souvent les plus sensibles. Cette sensibilité que notre société ne sait pas accueillir. On voudrait corriger ce qui déborde, empêcher les larmes et rendre la voix plus forte. Comme si la sensibilité était une erreur de fabrication.

Moi, je crois l’inverse. Je crois qu’elle est un don, quelque chose d’inné qui a réussit à continuer à être. Quelque chose de préservé chez certains, une graine de profondeur. Mais pour qu’elle puisse devenir force, il faut d’abord qu’elle soit reconnue et accompagnée. Tant qu’elle est vécue comme une faille, elle génère honte et anxiété.

C’est aussi cela que j’ai appris en quittant la salle de classe pour m’installer dans un cabinet de kinésiologie : l’anxiété n’est pas un ennemi à abattre. Elle raconte quelque chose d’un déséquilibre, d’un besoin de sécurité non entendu. Ce n’est pas toujours facile de l’entendre, ni de savoir quoi en faire. Mais je crois que déjà, s’autoriser à l’accueillir, à la regarder sans jugement, est un premier pas.

La kinésiologie m’a offert un autre langage pour approcher cette réalité. Je n’y vois pas une solution qui marche à tout les coups, mais un soutien possible pour aider à remettre du mouvement là où tout semble figé. C’est un espace où l’on peut écouter le corps autrement, sans chercher à forcer.

Il m’arrivera encore, et ça c’est sur, de me sentir désarmée face à certaines histoires et certains parcours. Mais j’ai la conviction qu’il est temps de changer de regard. La sensibilité n’est pas une faiblesse qu’il faudrait endurcir, mais une richesse qui, bien accompagnée, peut devenir source de créativité et d’attention.

Alors, peut-être qu’au lieu de demander à ces enfants et à l’adulte qu’ils deviendront, de s’endurcir pour s’adapter, il serait temps qu’on apprenne à faire une place à cette intensité. Parce que c’est elle qui nous relie. Parce que c’est d’elle, aussi, que naît la capacité d’aimer et de comprendre.

Se tourner vers des psychologues qualifiés est essentiel lorsque des grosses difficultés sont installées depuis un certain temps. La kinesiologie, elle, peut venir en complément de cela. Elle a aussi sa place en prévention, dès l’apparition des premiers signes, pour soutenir l’enfant et les parents, et favoriser un mieux-être.

Je vous accueille à La Forest-Landerneau pour des séances de kinésiologie adaptées aux adolescents comme aux adultes, dans un cadre propice à l’écoute et à la réflexion.


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