Quand la force devient notre faiblesse : éloge de la vulnérabilité

Je me suis répétée une bonne partie de ma vie que j’étais une femme forte. Je me le disais comme un mantra. C’était très familial, chez moi. Dans ma famille, il y a beaucoup de femmes, et les hommes n’ont pas vraiment leur mot à dire. Ce sont les femmes qui gèrent et les hommes qui suivent, qui se taisent, pour ne pas se prendre une balle perdue.
En tout cas, je voulais être forte, ce qui signifiait pour moi tenir debout quand tout s’écroulait autour de moi. Ça signifiait aussi porter pour dix, parfois au travail. Et surtout, être forte, c’était faire mine d’être intouchable et d’avoir du répondant quand on tentait de me blesser.
À force de me dire “forte”, j’ai fini par m’interdire de tomber. Cette force, que je croyais être ma valeur la plus sûre, m’a conduite à l’épuisement d’être moi, comme si je sentais que cette force n’était pas vraiment moi. Parce que résister sans cesse finit toujours par briser quelque chose à l’intérieur.
Et puis j’ai découvert, après un long cheminement spirituel, que la vraie bascule venait de la vulnérabilité. À partir du moment où j’ai accepté cette vulnérabilité, j’ai compris que ce n’était pas une chute, mais un relâchement.
La vulnérabilité, ce n’est pas de la faiblesse. C’est se relier enfin à soi, sans détour. Reconnaître qu’une parole peut blesser, qu’une atmosphère tendue peut nous traverser tout entier. Reconnaître qu’on ne peut pas tout supporter, c’est justement ça qui me rend vivante.
Quand on cesse de nier cette sensibilité, on commence à l’honorer. Alors on pose des barrières claires. Non par fermeture, mais par respect pour soi. On choisit de s’entourer de personnes qui savent être délicates, qui ne jouent pas avec la dureté. On devient attentif à la douceur, non comme à une fragilité, mais comme à une nécessité vitale.
Et c’est là que la puissance se révèle. La différence est subtile, mais elle change tout. La force, c’est lutter et résister, parfois contre soi-même. La puissance, c’est rayonner depuis un lieu intérieur qui ne se prouve pas et qui s’ancre dans la vérité d’être un être humain.
Quand on accepte sa vulnérabilité, on n’a plus besoin de faire semblant. On peut dire non sans se justifier. On peut laisser une larme couler sans sentir que l’on trahit son image. On peut s’exposer un peu plus au monde sans se perdre, parce qu’on sait jusqu’où l’on peut aller.
La puissance naît toujours d’une réconciliation avec sa propre fragilité. C’est comme un courant souterrain qui circule mieux dès qu’on cesse de se crisper. On retrouve une solidité intérieure, non pas parce qu’on est indestructible, mais parce qu’on accepte d’être humain et traversé.
Pendant les accompagnements que j’ai pu vivre ou donner, c’est ce passage qui m’a le plus marquée : quand ça lâche, c’est juste une respiration plus profonde et un corps qui ne se tient plus en alerte.
Aujourd’hui, je crois que la vulnérabilité est un lieu fragile, mais aussi notre terrain le plus fertile. c’est un espace où l’on cesse de prétendre, pour commencer à habiter pleinement sa vie

À quelques minutes de Landerneau et à proximité de Brest, mon cabinet de kinésiologie accueille les personnes en recherche d’un accompagnement autour du stress et des émotions.


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