En ce moment, je lis Le corps n’oublie rien de Bessel van der Kolk.
C’est un livre qui secoue. C’est pas un de ces livre qu’on dévore dans le train en diagonale. Il demande qu’on s’y plonge avec honnêteté et qu’on accepte d’être remué. Parce qu’il dit quelque chose de simple et d’implacable : le corps se souvient.
Mais c’est pas comme quand on se souvient d’une photo qu’on regarde ou d’une anecdote que l’on va raconter à ses potes à table. Non. Ce sont des mémoires plus profondes. Elles se logent dans une épaule raide, dans une respiration qui se bloque ou dans une gorge serrée sans raison. Ce sont des souvenirs qui n’ont pas de mots, mais qui continuent d’habiter le corps.
Quand je lis ces pages, j’entends résonner tellement de choses que je croise en séance : des corps qui se crispent sans explication, des douleurs qui s’accrochent depuis des années, des réactions trop fortes pour de « petites choses »,
des moments où l’on flotte, où l’on ne se sent plus relié, ou au contraire, cette vigilance extrême qui ne lâche jamais.
Et derrière, souvent, il y a une histoire. Parfois claire, parfois totalement inconnue. Mais toujours là, quelque part.
Ce qui me frappe, c’est que ces mémoires ne s’arrêtent pas à notre propre vie. Elles circulent aussi dans ce qui nous précède, dans ce qui nous est transmis.
Une expérience scientifique m’a particulièrement interpellée. En 2013, deux chercheurs, Brian Dias et Kerry Ressler, ont mené une étude sur des souris. Elles étaient exposées à une odeur bien précise : l’acéto-phénone. Chaque fois, elles recevaient un léger choc électrique. Très vite, elles ont appris à avoir peur de cette odeur.
Ce qui est incroyable dans leur découverte, c’est que leurs descendants, jusque dans la troisième génération, réagissaient eux aussi avec peur à cette odeur. Alors qu’ils n’avaient jamais connu l’expérience. Comme si la mémoire s’était inscrite dans leurs cellules.
C’est pareil pour nous. Ces traces se glissent dans nos vies. Elles réapparaissent parfois sous forme de symptômes étranges ou d’émotions qui débordent. Comme des morceaux d’histoires qu’on porte sans les avoir vécues.
Il y a quelque chose de vertigineux à le réaliser. Mais c’est aussi une clé immense. Parce que ça nous rappelle que certaines réactions ne sont pas « de trop », ni « anormales ». Elles sont justes peut-être héritées et elles ont donc leur logique, même si on ne la comprend pas encore.
Alors, créer un espace où le corps peut relâcher ce qu’il retient, c’est déjà un pas.
Un espace où le corps se dit autrement, et parfois, se libère.
Je vous accueille à mon cabinet de la Forest landerneau à 20mn de Brest et à 5mn de Landerneau.


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