Prendre la responsabilité de ce qui nous arrive

Lorsqu’on entame un travail sur soi, une notion essentielle revient : arrêter d’accabler les autres et commencer à regarder notre propre part de responsabilité dans ce qui nous arrive.

Et là, soyons honnêtes : c’est un passage très délicat. Comme souvent avec ce type de réflexion, on a tendance à tomber dans les extrêmes, alors que la justesse se situe toujours dans un équilibre, au milieu.

Quand on a subi un préjudice, quand on se sent victime, reconnaître sa responsabilité peut sembler presque impossible. Comme si cela revenait à dire : « c’est de ma faute ». On confond alors responsabilité et culpabilité. Or, il faut poser une nuance très claire : oui, il existe de véritables victimes. Reconnaître que l’on a subi un tort, une violence ou une injustice est fondamental. Cela fait même partie du chemin de guérison. Mais ce qui change la donne, c’est la capacité à distinguer entre être victime et entretenir un rôle de victime.

C’est ici que se joue un choix : celui de reprendre la responsabilité de ses émotions et de ses ressentis. Marshall Rosenberg, le père de la Communication NonViolente, expliquait que les événements en eux-mêmes sont neutres. Ce qui crée notre souffrance ou notre joie, ce n’est pas ce qui se passe, mais la manière dont nous l’interprétons. Ne pas assumer sa part de responsabilité, c’est rester coincé dans la posture de « victime de la terre entière ». On subit, on attend que le monde change. C’est un des extrêmes.

Dans l’autre extreme, j’observe qu’il y a une maniere dure et maladroite de reprendre sa responsabilité
Un « Ça m’appartient » lancé a tout va, lorsqu’on parle de ses émotions.

Meme si l’idée de fond est juste — chacun est responsable de ses émotions — utilisée de façon sèche, cette phrase devient une arme contre soi. Elle nie l’impact réel que l’autre peut avoir eu sur nous, ou que nous avons eu sur lui par un comportement inadapté ou maladroit.

Le risque, en voulant à tout prix « prendre sa responsabilité », c’est de la projeter ensuite sur l’autre : lui rappeler sans cesse que ses réactions et ses émotions sont « son problème ». Ce qui nous plonge dans un monde individualiste ou personne ne prends plus en compte les sensibilités des autres.

Or, si je me comporte avec colère ou manque de respect, je vais forcément provoquer des émotions chez l’autre, car nous sommes des êtres sensibles.
Savoir demander à l’autre de tenir compte de ma sensibilité est donc tout aussi important.

Vivre sous l’injonction permanente « d’accepter ce qui est » au nom du fameux « ça t’appartient » peut finir par pourrir une relation. Cela se transforme alors en une acceptation passive, où l’on ne met plus de limites aux comportements de ceux qui en profitent.

La véritable voie est ailleurs. Être responsable, c’est discerner : ça, c’est ma part ; ça, c’est la tienne ; et entre les deux, il y a parfois un espace de rencontre. Je ne prends pas tout. Je ne rejette pas tout non plus. Je reconnais ce que j’ai nourri, consciemment ou non, et je laisse à l’autre la liberté de regarder sa part en lui en posant des mots sur pourquoi ça m’a touché.

Mais je le fais avec clarté et respect, pas avec dureté.

Sortir du rôle de victime ne veut pas dire nier la douleur vécue. Cela signifie ne pas s’y enfermer. C’est accepter d’avoir été blessé, tout en choisissant de reprendre sa liberté.

En kinésiologie, c’est précisément ce que l’on peut explorer en séance : discerner où nous sommes restés figés dans notre perception des choses, et ouvrir un nouvel espace de compréhension et de mouvement.

La kinésiologie peut constituer un espace d’exploration personnelle. Je vous accueille à La Forest-Landerneau, près de Brest et de Landerneau, pour cet accompagnement.


Commentaires

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Mentions légales

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture