Choisir la voix de la douceur

Il m’a fallu longtemps pour voir que j’avais une façon étrange de relationner avec la douceur : je ne m’y autorisais qu’après m’être effondrée. C’était l’obligation qui se révélait a moi, une fois que tout avait lâché.

Tant que je tenais debout, je me disais que ce n’était pas le moment de ralentir ou d’aller remuer des choses en moi. Il valait mieux d’abord que quelque chose me chamboule complètement, que la vie me mette à terre, pour que je consente enfin à prendre soin de moi et à écouter ce que mes émotions et mes ressentis avaient à me dire.

En cabinet, ce comportement a un trait très masculin, mais vraiment pas seulement. Attendre d’être à terre complètement pour oser demander du soutien et de l’écoute, comme si, avant, on ne méritait pas ce soin apporté à soi.

Derrière cette attitude, il y avait une forme de dureté que je ne voyais pas. C’était presque devenu une croyance : la vie enseigne en frappant. Elle tape, et nous, on apprend grâce à ces coups. Comme si les épreuves étaient des leçons, et que je devais les recevoir sans broncher.

Avec le temps, j’ai même commencé à confondre cette violence avec une sorte de sagesse. Je me répétais que si quelque chose m’arrivait, c’est que j’avais « quelque chose à comprendre ».

Je laissais la vie jouer les instructeurs impitoyables qui vous jettent dans un parcours du combattant en hurlant derrière vous : « Allez, avance, tiens bon, gros naze, serre les dents ! » Et je courais. Toujours. Même quand tout en moi aurait préféré s’arrêter.

Cette manière de faire a façonné ma façon d’exister. Et à force d’attendre l’accident, ma vie était remplie d’angoisse et je n’entendais plus les signaux plus doux et plus subtils : le petit chagrin avant qu’il ne se transforme en chute, les contrariétés avant qu’elles ne deviennent des explosions de colère.

Je n’étais pas dans l’apprentissage, seulement dans la réparation tardive, après que les tsunamis émotionnels aient envahi tout mon esprit sans que le moindre discernement soit possible…

Lors des périodes de gros chamboulement émotionnel, nous ne sommes plus en capacité d’analyser et de comprendre : les émotions agissent comme un voile qui trouble nos facultés, et éteindre l’incendie nous laisse juste dans une fumée épaisse qui mettra un temps avant de se dissiper pour y voir clair.

Bref, sans m’en rendre compte, je reproduisais sur moi ce que je croyais que la vie me faisait : une dureté constante, comme si la seule manière d’avancer était de se bousculer.

C’est la pratique de la méditation qui a ouvert une voie différente, cette écoute intérieure, cette envie de clarifier mon esprit et ce qui s’y passait. C’est cela que je nomme aujourd’hui « douceur ».

Et la kinésiologie a été dans la continuité de ce travail lorsque les choses se dissimulaient encore trop à moi.
Dans la douceur, j’ai commencé à honorer ma vulnérabilité, j’ai découvert une forme de lucidité nouvelle. Une possibilité de me traiter autrement.

Choisir le chemin de la douceur envers soi, pour moi, ce n’est pas décider de « se faire du bien » ou d’être toujours calme. Je n’y crois pas, et je n’y prétends pas. C’est plutôt apprendre à mettre des mots avant que la vie ne me les arrache, apprendre à m’écouter même quand je préférerais me dire que « ça ira », et surtout accepter de demander du soutien avant que la solitude ne devienne un mur entre moi et les autres.

La douceur n’efface pas les difficultés que l’on va rencontrer inévitablement dans nos vies : les deuils, la maladie, les pertes, qu’elles soient professionnelles, matérielles ou affectives, continueront de jalonner nos chemins. La douceur ne promet pas de les rendre légères. Elle invite seulement à ne pas se jeter soi-même dans l’arène et à ne pas confondre courage et violence.

Il y a quelque chose d’infiniment simple et pourtant si difficile dans cette attitude : accepter de se tourner vers soi comme on le ferait vers quelqu’un qu’on aime bien. Avec une écoute qui ne cherche pas à corriger. Une présence à soi.

Aujourd’hui encore, l’adjudant se réveille parfois. Je l’entends qui souffle dans son sifflet, prêt à me renvoyer sur le parcours du combattant. Alors je m’arrête et je respire. Et je choisis, encore maladroitement parfois, mais sincèrement, un autre chemin. Celui où la douceur n’est pas une solution, mais une manière d’être.
Une présence qui ne dit pas « tout va bien », mais qui murmure : je peux être là, avec moi, même au milieu du chaos.

Cette apprentissage permettra d’en faire de même avec les autres, notre relation aux autres n’étant que le reflet de notre relation à nous-même.

Ma pratique singulière de la kinésiologie s’inscrit dans cette même voie.
J’aide les personnes à comprendre en profondeur ce qui se joue en elles, en libérant les mémoires du corps pour rétablir une communication plus harmonieuse avec soi et avec les autres.

J’accompagne les adolescents et les adultes dans mon cabinet de kinésiologie à La Forest-Landerneau, près de Brest, notamment lors de périodes de stress, d’anxiété ou de perte de repères.


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